Recevoir la Lumière est une chose. Faire en sorte qu’elle ne s’éteigne jamais en est une autre.
Il y a une étrange contradiction dans notre univers maçonnique. Nous célébrons l’initiation, nous parlons de fraternité, nous invoquons la construction du Temple et le perfectionnement de l’homme. Pourtant, combien de Frères, après avoir reçu la Lumière avec émotion, finissent par s’éloigner doucement de leur Loge ? Combien de tabliers restent suspendus dans les armoires, combien de colonnes se vident et combien de chaînes d’union deviennent, au fil du temps, de simples souvenirs ?

Serait-il possible que certains aient davantage aimé leur initiation que la Franc-Maçonnerie elle-même ?
Voilà une question qui mérite d’être posée !
L’initiation n’est pas un diplôme que l’on accroche au mur, encore moins un titre que l’on exhibe avec fierté. Elle est une promesse, un engagement, le début d’un travail exigeant sur soi-même. Recevoir la Lumière ne signifie pas que l’on est devenu lumineux. Cela signifie simplement que l’on accepte de chercher.
Et cette recherche demande de la présence, de la persévérance et parfois quelques efforts. Car la fraternité n’est pas toujours un long fleuve tranquille. Il y a les désaccords, les susceptibilités, les rivalités d’ego, les incompréhensions et ces petites querelles qui peuvent finir par prendre plus de place que les valeurs que nous prétendons défendre.
Certains s’éloignent parce qu’ils ne retrouvent plus dans leur Loge ce qu’ils étaient venus chercher. D’autres se lassent des tenues répétitives, des discours interminables ou des responsabilités que quelques-uns portent pendant que les autres regardent. Et il serait trop facile de leur répondre simplement : « Un bon Maçon doit être présent ! »
Encore faut-il que la Loge donne envie de revenir !
Car la responsabilité est collective. Une Loge ne vit pas uniquement grâce à son Vénérable Maître ou à ses officiers. Elle se construit avec tous ses Frères. Chacun doit y trouver sa place, pouvoir s’exprimer, apprendre, transmettre et surtout ressentir que sa présence compte.
La fraternité ne se décrète pas dans un rituel. Elle se démontre dans les actes.
Une ancienne légende maçonnique raconte que le Grand Architecte aurait donné une seule aile à chaque Franc-Maçon. Pour voler, celui-ci aurait besoin de trouver son Frère, lui aussi porteur d’une seule aile. Ensemble, ils pourraient alors prendre leur envol.
Belle image, n’est-ce pas ? Elle nous rappelle que personne ne construit véritablement seul et que notre force réside dans notre capacité à nous soutenir mutuellement.
Mais attention : encore faut-il accepter de tendre le bras !
Alors, Frères qui vous éloignez, demandez-vous ce qui vous a fait perdre le goût du Temple. Et Frères qui y demeurez, demandez-vous si vous faites encore tout pour que les autres aient envie d’y revenir.
Car il est toujours plus facile de reprocher à un Frère son absence que de s’interroger sur les raisons de son départ.
La Franc-Maçonnerie n’a pas besoin de collectionneurs de grades, de décorations ou de titres. Elle a besoin d’hommes qui travaillent, qui transmettent et qui vivent réellement la fraternité.
Tenez-vous droit, soyez en ordre, veillez sur votre lampe et ne vous endormez pas !
Et souvenons-nous de cette vérité toute simple : on peut quitter une Loge sans cesser d’être Franc-Maçon, mais on ne peut prétendre construire le Temple en refusant éternellement d’y apporter sa pierre.
Car un Frère seul peut avoir une aile. Mais u


