Réunis en Congrès national à Tours ce dimanche 18 octobre 2026, les délégués de la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française (GL-AMF) ont désigné leur nouveau Grand Maître. Dès le premier tour de scrutin, le journaliste et essayiste Jean Dumonteil s’est imposé face à trois autres prétendants, succédant ainsi à Pierre Lucet.

Une victoire acquise dès le premier tour

Dans une élection comptant quatre candidatures, Jean Dumonteil est parvenu à rassembler la majorité absolue nécessaire pour l’emporter sans passer par un ballottage. Sur les 766 suffrages exprimés, il a réuni 393 voix en son nom, soit 51,31 % des votes.
Si cette élection d’un premier jet témoigne d’un réel élan autour de son projet, la marge — d’une dizaine de voix au-dessus du seuil fatidique — rappelle la diversité de sensibilités qui traverse actuellement l’obédience. Cette échéance électorale s’est en effet déroulée dans un climat interne particulièrement sensible, marqué par de vives dissensions au sein de la Maison Écossaise (R.E.A.A.) et des décisions récentes de la Chambre de Justice. La feuille de route du nouveau Grand Maître s’annonce ainsi centrée sur le rassemblement, l’apaisement et la cohésion fraternelle.
Un parcours professionnel ancré dans les territoires
Né en 1957 dans la Creuse et formé à l’Institut de journalisme de Bordeaux-Aquitaine, Jean Dumonteil s’est forgé une solide réputation d’observateur de la vie publique locale et de la gouvernance territoriale. Ancien directeur de la rédaction de La Gazette des communes et du Courrier des maires et des élus locaux, puis responsable de La Lettre du Secteur public, il est également auteur, ayant notamment signé l’ouvrage La France des possibles (Fayard, préfacé par Erik Orsenna).
Habitué de l’animation de débats d’idées sur la démocratie participative et le développement durable, il collabore aussi régulièrement à la presse maçonnique en ligne, notamment à travers des billets lexicaux et pédagogiques.
Un profil résolument tourné vers la recherche initiatique
Au sein de la GL-AMF, le nouveau Grand Maître s’est investi de longue date dans les structures d’études et de transmission de l’Ordre. Passé par la chaire de la Loge nationale de recherche de l’Alliance, il a par ailleurs piloté la rédaction des Cahiers de L’Alliance, la revue de référence de l’obédience. Auteur de plusieurs écrits consacrés à la symbolique et à l’expérience du Temple — dont Sentiment océanique et Que la force le soutienne et l’achève (éditions Numérilivre) —, son élection place la réflexion intellectuelle et le travail rituel au cœur de la mandature qui s’ouvre.
Il lui appartiendra désormais de conjuguer cette exigence d’approfondissement spirituel avec les défis institutionnels et humains d’une obédience en quête d’équilibre.


