GADLU.INFO - WEB MACONNIQUE - FRANC-MACONNERIE
  • MENTIONS LÉGALES – GADLU.INFO
  • POLITIQUE DE CONFIDENTIALITÉ
  • POLITIQUE DE COOKIES / COOKIE POLICY
  • CONTACT
  • ACTUALITÉS MAÇONNIQUES
    • FRANCE
    • MONDE
    • ÉVÉNEMENTS
    • ANTI-MACONNISME
  • ACTUALITÉS OBÉDIENCESS
    • COMMUNIQUÉS
    • EVENEMENTS
  • PLANCHES & RÉFLEXIONS
    • EDITO
    • PLANCHES
    • REFLEXIONS
    • CONTRIBUTIONS
    • MISCELLANÉES MAÇONNIQUES
  • LIVRES & REVUES
    • LIVRES
    • REVUES & MAGAZINES
  • ANNUAIRE MAÇONNIQUE
    • FRANCE
    • MONDE
    • DIVERS
  • SPIRITUALITÉS & TRADITIONS
  • CULTURE MAÇONNIQUE
    • TEXTES HISTORIQUES

ITALIE : PEUT-ON ÊTRE FRANC-MAÇON ET AVOIR DES FUNÉRAILLES CATHOLIQUES ?

ACTUALITÉS MAÇONNIQUES, MONDE, REFLEXIONS | 6 octobre 2026 | 0 | by A.S.

Deux funérailles annulées à quelques heures d’intervalle ont ravivé en Italie une vieille fracture entre Église catholique et franc-maçonnerie. Début août 2026, à Rome puis à Camporosso, deux hommes connus pour leur appartenance maçonnique se sont vu refuser des obsèques catholiques en église. Deux décisions très commentées qui remettent sur la table une question aussi ancienne que sensible : un franc-maçon peut-il recevoir des funérailles catholiques ?

DEUX DÉCISIONS QUI ONT FAIT BRUIT

Le premier cas concerne Bruno Battisti D’Amario, guitariste italien ayant notamment travaillé avec Ennio Morricone. Ses funérailles devaient être célébrées le 7 août 2026 dans l’église Santa Maria in Montesanto, à Rome, surnommée « l’église des artistes ». Mais après la publication par le Grande Oriente d’Italia d’un hommage mentionnant son appartenance maçonnique de haut rang, le cardinal Baldassare Reina, vicaire général du pape pour le diocèse de Rome, demanda que la cérémonie funèbre catholique ne soit pas célébrée. Seule une courte prière privée fut autorisée.

Le lendemain, une affaire presque identique se produisit à Camporosso, dans le diocèse de Vintimille-San Remo. Mario Tarducci, 73 ans, ancien Vénérable Maître de la loge Mimosa n°985, devait recevoir des funérailles dans l’église San Marco Evangelista. Mais l’évêque Antonio Suetta, ayant appris publiquement son appartenance maçonnique, décida lui aussi d’annuler les obsèques religieuses. Le cercueil resta à l’extérieur de l’église tandis qu’une prière brève fut récitée devant les personnes présentes.

LE CANON 1184 AU CŒUR DU DÉBAT

Dans le cas de Mario Tarducci, l’évêque de Vintimille-San Remo invoqua notamment le canon 1184 du Code de droit canonique, qui permet de refuser les funérailles ecclésiastiques dans certaines situations, notamment lorsque leur célébration risquerait de provoquer un scandale public parmi les fidèles. Le texte ne cite pas explicitement les francs-maçons, mais il laisse aux autorités ecclésiastiques une marge d’appréciation dans certains cas.

La question prend une dimension particulière parce que l’Église catholique considère toujours officiellement que l’appartenance à la franc-maçonnerie est incompatible avec la foi catholique. Cette position n’a pas été abandonnée malgré les évolutions du droit canonique et les nombreuses initiatives de dialogue menées depuis plusieurs décennies.

UNE INCOMPATIBILITÉ TOUJOURS AFFIRMÉE PAR ROME

L’opposition de l’Église catholique à la franc-maçonnerie remonte au XVIIIᵉ siècle. En 1738, le pape Clément XII condamna pour la première fois officiellement l’appartenance aux loges maçonniques. Depuis, plusieurs textes pontificaux ont réaffirmé cette incompatibilité.

En 1983, lors de la publication du nouveau Code de droit canonique, la référence explicite à la franc-maçonnerie disparut pourtant du texte. Certains pensèrent alors que la position de l’Église pouvait avoir évolué. La Congrégation pour la doctrine de la foi intervint aussitôt pour rappeler que le jugement négatif de l’Église sur les associations maçonniques demeurait inchangé.

Autrement dit, pour Rome, l’absence du mot « franc-maçonnerie » dans le nouveau code ne signifiait nullement que l’adhésion aux loges devenait acceptable.

POURQUOI LES FUNÉRAILLES POSENT-ELLES PROBLÈME ?

Les obsèques catholiques ne sont pas considérées par l’Église comme une simple cérémonie d’hommage à une personne décédée. Elles constituent un acte religieux au cours duquel la communauté prie pour le défunt et affirme sa foi dans la résurrection.

C’est précisément ce caractère religieux qui explique la difficulté lorsqu’une personne a publiquement adhéré à une organisation considérée par l’Église comme incompatible avec sa doctrine.

Pour certains évêques, célébrer publiquement les funérailles d’un franc-maçon assumé pourrait donner l’impression que cette incompatibilité n’existe plus. Pour d’autres, la miséricorde pastorale et la situation personnelle du défunt doivent permettre une approche plus nuancée.

Et c’est là que les difficultés commencent.

TOUS LES ÉVÊQUES NE RÉAGISSENT PAS DE LA MÊME MANIÈRE

Quelques semaines après les deux refus italiens, un cas français montra justement une approche différente. Le 25 août 2026, l’archevêque de Dijon, Mgr Antoine Hérouard, présida une cérémonie catholique lors des obsèques de l’ancien sénateur François Patriat, dont l’appartenance maçonnique était publique. Selon le diocèse, il ne s’agissait toutefois pas d’une messe eucharistique à proprement parler.

Trois situations assez proches ont donc abouti à des réponses différentes. En Italie, deux cérémonies refusées ; en France, une célébration religieuse aménagée.

Cela révèle un problème plus large : la doctrine générale est claire, mais son application pastorale peut varier selon les diocèses et les circonstances.

LE GRANDE ORIENTE D’ITALIA RÉAGIT

L’affaire Tarducci a naturellement provoqué une réaction du Grande Oriente d’Italia. Son Grand Maître, Antonio Seminario, a estimé que devant la mort, les barrières devraient tomber, défendant une approche plus humaine et moins rigide de ces situations.

Cette réaction résume bien le fossé entre les deux institutions. Pour la franc-maçonnerie, l’appartenance à une loge ne devrait pas effacer les convictions religieuses personnelles d’un homme. Pour l’Église catholique, l’adhésion maçonnique comporte au contraire des principes philosophiques considérés comme incompatibles avec la doctrine chrétienne.

Deux visions qui, depuis près de trois siècles, continuent de s’opposer.

DIALOGUE OU INCOMPATIBILITÉ ?

Le paradoxe est d’autant plus intéressant que, depuis plusieurs années, des rencontres informelles entre responsables catholiques et francs-maçons ont eu lieu en Italie. Certains espéraient qu’un dialogue plus régulier puisse permettre de dépasser les condamnations anciennes ou, au minimum, d’améliorer la compréhension réciproque.

Les deux funérailles annulées montrent pourtant que le rapprochement a des limites très concrètes. Lorsqu’il s’agit de doctrine, de sacrements ou de cérémonies religieuses, l’Église continue de maintenir une frontière nette.

Le débat n’est donc pas simplement historique.

Il touche directement des familles, parfois dans les heures les plus douloureuses de leur existence.

PEUT-ON ÊTRE À LA FOIS CATHOLIQUE ET FRANC-MAÇON ?

C’est finalement la question derrière toutes les autres.

De nombreux francs-maçons se considèrent personnellement chrétiens et certains continuent de pratiquer leur religion. Mais du point de vue doctrinal catholique, l’adhésion maçonnique demeure incompatible avec la pleine communion ecclésiale.

L’individu peut donc se percevoir à la fois comme catholique et franc-maçon, tandis que l’institution religieuse considère ces deux engagements comme inconciliables.

Les funérailles font alors brutalement apparaître une contradiction qui peut être restée invisible pendant toute une vie.

QUAND LA MORT NE MET PAS FIN AUX FRONTIÈRES

Le Grand Maître du Grande Oriente d’Italia a déclaré, après l’affaire de Camporosso, que devant la mort, les barrières devraient tomber. Pour l’Église, la question est différente : la charité envers le défunt et sa famille ne peut pas nécessairement conduire à effacer les principes doctrinaux qui régissent les célébrations religieuses.

Deux conceptions se rencontrent donc autour d’un cercueil : l’une privilégie la fraternité humaine au-delà des appartenances ; l’autre considère que le rite religieux conserve une signification doctrinale précise.

Les deux affaires italiennes de l’été 2026 montrent ainsi que, malgré des décennies de dialogue, la relation entre Église catholique et franc-maçonnerie reste loin d’être apaisée.

Et près de trois siècles après la première condamnation pontificale de la franc-maçonnerie, une question demeure étonnamment actuelle :

un homme peut-il rester catholique jusqu’à sa mort tout en ayant choisi d’être franc-maçon ?

Previous
« PENSÉES PHILOSOPHIQUES POUR RAVIVER LA FLAMME EN SOI » : RETROUVER LA FORCE D’ÂME QUAND TOUT VACILLE
Next
QUAND UN CANDIDAT RETIRE SA DEMANDE : ET SI LA PORTE DU TEMPLE SAVAIT AUSSI DIRE « PAS MAINTENANT » ?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Obtenez les nouveaux articles par mail :
Powered by follow.it