FRANC-MAÇONNERIE À HAWAÏ : LES MYSTÈRES DE LA CATHÉDRALE DU RITE ÉCOSSAIS
Au cœur du quartier de Makiki, à Honolulu, se dresse un imposant édifice de briques claires connu sous le nom de Scottish Rite Cathedral, ou cathédrale du Rite écossais. Derrière cette appellation se cache non pas un lieu de culte, mais l’un des principaux centres historiques de la franc-maçonnerie hawaïenne.
Dans un article publié le 29 juillet 2026 par Aloha State Daily, les chroniqueurs Lopaka et Tanya Kapanui reviennent sur l’histoire de ce bâtiment centenaire, mais aussi sur les phénomènes étranges dont ils affirment avoir été témoins lors d’une visite organisée en 2021.
LE RITE ÉCOSSAIS À HAWAÏ : UNE HISTOIRE LIÉE À LA ROYAUTÉ
Le Rite Écossais Ancien et Accepté approfondit les enseignements moraux et philosophiques reçus dans les trois premiers degrés de la franc-maçonnerie symbolique. Son parcours comprend les degrés allant du 4e au 32e, auxquels peut s’ajouter un 33e degré honorifique accordé pour des services exceptionnels.
À Hawaï, le Rite écossais fut établi en 1874 sous l’impulsion du roi David Kalākaua et de John Owen Dominis, époux de la reine Liliʻuokalani. Au fil du temps, il accueillit des membres issus de la royauté, de la vie politique et du monde culturel hawaïen. Parmi les personnalités citées figurent le prince William Pitt Leleiohoku II, Samuel Parker, l’ancien gouverneur Wallace Farrington et le célèbre nageur Duke Kahanamoku.
L’histoire maçonnique des îles est toutefois plus ancienne : la première loge maçonnique d’Hawaï aurait été fondée dès 1843, soit une trentaine d’années avant l’implantation du Rite écossais à Honolulu.
UNE ÉGLISE INACHEVÉE TRANSFORMÉE EN TEMPLE MAÇONNIQUE
Au début du XXe siècle, les organisations maçonniques d’Honolulu connurent une croissance importante. Le temple situé à l’angle des rues Hotel et Alakea étant devenu trop exigu, les différents corps maçonniques commencèrent à rechercher des locaux plus vastes.

En 1917, la Première Église du Christ, Scientiste, entreprit la construction d’un nouvel édifice à l’angle de Wilder Avenue et de Kewalo Street. Les murs en briques couleur crème et la toiture de tuiles furent réalisés, mais le chantier ne fut jamais complètement achevé.
À la fin de l’année 1920, la communauté religieuse décida de revendre le bâtiment. Près de 70 000 dollars avaient déjà été investis, alors que l’intérieur et les fenêtres demeuraient inachevés. En 1921, les instances du Rite écossais d’Honolulu votèrent son acquisition pour 60 000 dollars.
Cette situation permit aux francs-maçons de repenser entièrement l’intérieur. Une scène, un auditorium et différents espaces destinés aux cérémonies furent aménagés. Les historiens de l’architecture décrivent aujourd’hui l’édifice comme un exemple relativement rare du style néoclassique à Honolulu, construit selon un plan en croix grecque et reconnaissable à ses colonnes, à ses pilastres et à sa façade monumentale.
UNE CÉRÉMONIE MAÇONNIQUE GRANDIOSE
Selon le récit publié par Aloha State Daily, une importante cérémonie se déroula le 4 novembre 1922. Plus d’un millier de francs-maçons, de familles, de représentants officiels et d’habitants du quartier auraient assisté à l’événement.
La fanfare royale hawaïenne ouvrit le cortège, suivie de membres du Rite d’York et de francs-maçons revêtus de leurs décors. Le gouverneur d’Hawaï et Grand Maître Wallace Rider Farrington, accompagné du Grand Maître adjoint Lester Petrie et de plusieurs dignitaires, prit ensuite place devant le bâtiment.
Des outils maçonniques en argent massif — une truelle, une équerre, un niveau et un fil à plomb — furent présentés sur un plateau recouvert de velours violet. Ces instruments auraient précédemment été employés par le roi Kalākaua. Ils servirent symboliquement à vérifier et à sceller la pierre angulaire de l’édifice.
Les sources disponibles divergent légèrement sur la chronologie exacte : le site officiel du Rite écossais d’Honolulu situe la pose de la pierre angulaire en 1923, tandis que l’article de Lopaka et Tanya Kapanui rapporte une cérémonie organisée en novembre 1922. Les données architecturales retiennent généralement une période d’achèvement comprise entre 1921 et 1923.
DES PHÉNOMÈNES INEXPLIQUÉS DANS LE TEMPLE
L’histoire de la cathédrale du Rite écossais ne se limite pas à son architecture et à ses cérémonies. Le bâtiment est également entouré de récits évoquant des voix étouffées, des mouvements inexplicables et un lourd rideau de scène qui semblerait parfois bouger sans intervention humaine.
Ces histoires relèvent évidemment du témoignage et ne constituent pas des faits démontrés.
Lopaka et Tanya Kapanui, spécialistes hawaïens des légendes et des récits de fantômes, racontent avoir organisé en 2021 une visite virtuelle de la cathédrale avec quelques amis et des internautes connectés par l’intermédiaire de Facebook. Dix personnes auraient été présentes à l’intérieur du bâtiment.
Dès le début de la visite, Lopaka Kapanui affirme avoir ressenti comme une étreinte dans son dos, alors qu’aucune personne ne se trouvait suffisamment près de lui. Peu après, il aurait aperçu une silhouette assise dans un fauteuil du salon. Lorsqu’il se serait approché, le siège aurait été vide.
À l’étage, le groupe aurait entendu quelques notes provenant d’un piano installé dans un angle de la grande salle. Les participants venant d’entrer ensemble, personne n’aurait pu atteindre l’instrument sans être aperçu.
L’expérience la plus troublante serait toutefois survenue dans la salle du Temple. Les dix témoins auraient vu une lourde table se déplacer sur la scène. Le rideau aurait ensuite bougé vers l’avant, comme si quelqu’un se trouvait derrière lui, sans qu’aucune silhouette ni aucun pied ne soit visible.
La caméra n’étant pas dirigée vers la scène, aucune image directe du déplacement de la table n’aurait été enregistrée. Les internautes assistant à la visite auraient cependant entendu le bruit provoqué par le mouvement.
ENTRE HISTOIRE MAÇONNIQUE ET MÉMOIRE DES LIEUX
Il demeure impossible de déterminer la nature exacte de ces expériences. Suggestions, phénomènes acoustiques, mouvements liés au bâtiment ou manifestations inexplicables : aucune conclusion définitive ne peut raisonnablement être avancée.
La cathédrale du Rite écossais reste avant tout un lieu majeur de l’histoire maçonnique hawaïenne. Elle abrite notamment une bibliothèque publique consacrée à la franc-maçonnerie et à l’histoire d’Hawaï, ainsi qu’une vaste salle cérémonielle occupant une grande partie de son étage supérieur.
Depuis plus d’un siècle, ses murs ont accueilli des initiations, des cérémonies, des réunions fraternelles et plusieurs générations de francs-maçons. Les archives et la pierre angulaire conservent des traces tangibles de cette histoire. Les impressions et les récits associés au bâtiment demeurent, quant à eux, plus difficiles à mesurer.
Peut-être est-ce précisément cette rencontre entre l’histoire, la mémoire, le symbolisme et l’inexpliqué qui entretient encore aujourd’hui le mystère de la cathédrale du Rite écossais de Makiki.
SOURCES
Article original : « Secrets of the Scottish Rite Cathedral », par Lopaka Kapanui et Tanya Kapanui, publié le 29 juillet 2026 dans Aloha State Daily. (Aloha State Daily)
Informations historiques complémentaires : site officiel du Honolulu Scottish Rite, SAH Archipedia et Association of Hawaiʻi Archivists. (Honolulu Scottish Rite)


