La ponctualité paraît être une vertu bien modeste. Pourtant, en Loge comme dans la vie profane, elle révèle beaucoup plus que notre rapport à l’horloge : elle mesure notre respect de la parole donnée.
La règle de vingt-quatre pouces, ou de soixante centimètres, rappelle symboliquement que le temps doit être organisé et justement réparti. Il ne nous appartient pas entièrement. Arriver en retard, c’est donc disposer du temps des autres comme s’il avait moins de valeur que le nôtre.
LE RETARD TROUBLE L’HARMONIE DE LA LOGE

Une tenue maçonnique n’est pas une réunion ordinaire que l’on rejoint au gré de ses disponibilités. Elle repose sur un ordre, un rythme et une atmosphère progressivement construite par tous les participants.
Celui qui arrive après le début des travaux ne manque pas seulement quelques minutes. Il rompt momentanément l’unité du groupe, complique le déroulement du rituel et peine souvent à entrer dans cette disposition intérieure que la Loge cherche à faire naître.
L’excuse de l’imprévu peut naturellement être entendue. Mais lorsque le retard devient une habitude, il ne relève plus du hasard : il devient une manière d’être.
ÊTRE À L’HEURE, C’EST TENIR SA PAROLE
On accorde plus volontiers sa confiance à celui qui respecte ses engagements. La ponctualité ne prouve pas toutes les vertus, mais elle témoigne d’une certaine discipline, d’une capacité à prévoir et d’un souci des autres.
Le travail maçonnique prétend transformer l’homme. Cette transformation ne commence pas dans les grandes déclarations philosophiques, mais dans des gestes simples : venir régulièrement, préparer son travail, écouter ses Frères et arriver à l’heure.
Il est toujours plus facile de parler de construction intérieure que de modifier ses propres habitudes.
LA MORALE DU TEMPS MAÇONNIQUE
Le retardataire chronique affirme parfois qu’il possède de bonnes raisons. Peut-être. Mais celui qui veut réellement respecter un rendez-vous apprend à anticiper, à partir plus tôt et à prévenir lorsqu’un obstacle survient.
La ponctualité n’est pas une soumission servile à la montre. Elle est une forme élémentaire de fraternité.
Car le franc-maçon qui prétend travailler à l’édification du Temple devrait se souvenir d’une évidence : on ne construit rien de solide lorsque chacun pose sa pierre à l’heure qui lui convient.


