La franc-maçonnerie cherche à séduire
Le blog « Chrétienté.info » publie un article sur les conférences que les obédiences maçonniques organisent en France.
Une critique négative car selon eux « la Franc-Maçonnerie » chercherait à séduire….Extériorisation ou non ? Il faut faudrait savoir…
Source :
Pas une grande ville sans sa conférence, son exposition ou son intervenant ouvertement franc-maçon. Que croire? Que ça devient couru de les fréquenter, qu’ils ne rencontrent aucune opposition, qu’ils deviennent plus rares qu’ils ne l’annoncent et qu’ils ont besoin d’un peu de pub? Quoi encore? Morceaux choisis :
Strasbourg : « Face à une centaine de personnes réunies au cercle Goethe, Bruno
Plancate, grand maître de la Grande loge mixte de France, a donné une
conférence dont l’objectif avoué était de contredire certains clichés
véhiculés à propos de la franc-maçonnerie ».Mantes-la-Jolie : « L’association La liberté par le travail
vous propose une rencontre-conférence menée par M. Jean-Michel
Guillardet Franc-maçon, avocat à la cour d’appel de Paris et ancien
grand maître du Grand Orient de France.
Sa grande maîtrise est
accentuée par une forte présence de l’obédience dans les médias en
particulier sur la question de la laïcité [Intéressante nouvelle qui n'est pas une surprise. NDL]« .Bagnols sur Sèze : « Directeur d’établissement scolaire de profession, Michel Payen est le
proviseur adjoint du prestigieux lycée parisien Janson-de-Sailly, qui
compte 3 300 élèves. Lui, défend une franc-maçonnerie « qui éclaire
le débat public et dans laquelle chaque membre peut se dévoiler, s’il en
fait librement le choix »« .Charleville-Mézières : « Le Grand Orient de France, obédience maçonnique majoritaire en France et
dans les Ardennes, organisait en début de semaine une réunion publique à
la médiathèque Voyelles de Charleville-Mézières (…) « Nous continuons de penser que seule la laïcité permet de combattre
l’idiotie et le retour à l’obscurantisme que l’on observe de plus en
plus. […] Essayez, par exemple, de convaincre un créationniste, vous n’y
parviendrez pas ! » [Notons la puissance de l'argumentaire face à parterre de profanes. NDL] « .
Rappelons la constance de l’enseignement de l’Église qui stipule que la franc-maçonnerie est une secte à laquelle aucun catholique ne peut adhérer.
Clément XII : « Nous avons conclu et décrété de condamner et de défendre ces dites
sociétés, assemblées, réunions, agrégations ou conventicules appelés de
Francs-Maçons, ou connus sous toute autre dénomination, comme Nous les
condamnons et les défendons par Notre présente constitution valable à
perpétuité« .Léon XII : « Soyez convaincus que personne ne peut être lié à ces sociétés sans se
rendre coupable d’un péché grave : fermez l’oreille aux paroles de ceux
qui, pour vous attirer dans leurs assemblées, vous affirmeront qu’il ne
se commet rien de contraire à la raison et à la religion, et qu’on n’y
voit et n’y entend rien que de pur, de droit et d’honnête ».Léon XIII : « A notre époque, les fauteurs du mal paraissent s’être
coalisés dans un immense effort, sous l’impulsion et avec
l’aide d’une Société répandue en un grand
nombre de lieux et fortement organisée, la Société
des francs-maçons. Ceux-ci, en effet, ne prennent plus
la peine de dissimuler leurs intentions et ils rivalisent d’audace
entre eux contre l’auguste majesté de Dieu. C’est publiquement,
à ciel ouvert, qu’ils entreprennent de ruiner la sainte Eglise, afin
d’arriver, si c’était possible, àdépouiller complètement les nations chrétiennes
des bienfaits dont elles sont redevables au Sauveur Jésus
Christ ».
Cardinal Ratzinger : « Le
jugement négatif de l’Église sur les associations maçonniques demeure
donc inchangé, parce que leurs principes ont toujours été considérés
comme inconciliables avec la doctrine de l’Église, et l’inscription à
ces associations reste interdite par l’Église. Les fidèles qui
appartiennent aux associations maçonniques sont en état de péché grave
et
ne peuvent accéder à la sainte communion ».
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En effet, tenter de convaincre un créationniste est vain. Je me suis demandé pourquoi.
Pourquoi sont-ils créationnistes ou partisans du « dessein intelligent » ?
Ont-ils vraiment choisi de l’être ?
Pourquoi les créationnistes sont-ils manifestement imperméables à toute argumentation rationnelle et scientifique ?
Pourquoi des scientifiques croyants, ne pouvant plus contester le fait de l’Evolution, tentent-ils de l’attribuer à Dieu,et de faire du « dessein intelligent » une « théorie scientifique », alors qu’il s’agit d’une croyance ?
A mes yeux, les créationnistes et les partisans du « dessein intelligent » le sont notamment :
- parce que la plupart des humains supportent mal les incertitudes métaphysiques imaginaires qu’on leur a inculquées et qu’ils ont besoin d’explications immédiates et sécurisantes.
-parce que la notion de commencement, et donc de création, est anthropomorphique et simple.
- parce qu’il est difficile, à notre échelle moins que centenaire, de se représenter l’influence que des centaines de millions d’années a eue sur l’ Evolution, et qu’elle puisse être responsable de la complexité du vivant et de la variétés des espèces.
- parce que, comme l’a dit le Pasteur évangélique Philippe HUBINON :
« S’il n’y a pas eu création, tout le reste s’écroule ! » … Donc aussi Dieu, etc … !
- à cause, surtout, des influences éducatives inconscientes, même chez des scientifiques par ailleurs éminents.
En effet, par orgueil et méconnaissance des « mécanismes » cérébraux, ils ne semblent pas avoir envisagé un seul instant que leur éducation religieuse et leur milieu croyant unilatéral aient pu laisser des traces indélébiles dans leur cerveau émotionnel, au point d’influencer leur cerveau rationnel et d’anesthésier leur esprit critique, dès qu’il est question de religion.
Mais est-il possible d’émettre des hypothèses explicatives, fussent-elles définitivement très partielles, sur l’origine et la fréquente persistance de la foi ? Il n’est bien sûr pas question de vouloir simplifier ou réduire l’extraordinaire complexité et la richesse du psychisme humain, et en particulier le phénomène religieux, à des « mécanismes » psycho-neuro-physio-génético-cognitivo-éducatifs. Pourtant, cette nouvelle approche tend à relativiser la part de liberté individuelle.
Comme l’a écrit le neurobiologiste Henri LABORIT : » (…) Je suis effrayé par les automatismes qu’il est possible de créer à son insu dans le système nerveux d’un enfant. Il lui faudra, dans sa vie d’adulte, une chance exceptionnelle pour s’en détacher, s’il y parvient jamais.(…) Vous n’êtes pas libre du milieu où vous êtes né, ni de tous les automatismes qu’on a introduits dans votre cerveau, et, finalement, c’est une illusion, la liberté ! ».
Finalement, ce qui importe, ce n’est pas tant CE que l’on pense, mais POURQUOI on le pense.
Or, c’est un fait d’observation sociologique : statistiquement, la liberté de croire ou de ne pas croire est souvent compromise, à des degrés divers, par l’imprégnation de l’éducation religieuse familiale, forcément affective puisque fondée sur l’exemple et la confiance envers les parents, et confortée par l’influence d’un milieu culturel, unilatéral puisqu’il exclut toute alternative laïque non aliénante et qu’il incite, à des degrés divers, à la soumission à une Vérité exclusive et dès lors intolérante. L’éducation coranique en témoigne hélas à 99,99 %.
La soumission religieuse s’explique : après Desmond MORRIS qui l’avait pressenti en 1968, dans « Le Singe Nu », Richard DAWKINS estime, dans « Pour en finir avec dieu », que du temps des premiers hominidés, le petit de l’homme n’aurait jamais pu survivre si l’Evolution n’avait pas pourvu son cerveau tout à fait immature de gènes le rendant dépendant et totalement soumis à ses parents (et donc plus tard à un dieu … !).
Dès 1966, le psychologue-chanoine Antoine VERGOTE, alors professeur à l’Université catholique de Louvain, a montré, sans doute à son grand dam, qu’en l’absence d’éducation religieuse, la foi n’apparaît pas spontanément, et que la religiosité à l’âge adulte en dépend. Son successeur actuel, le professeur Vassilis SAROGLOU, le confirme. Ce nouveau mécanisme de défense, animiste du temps des premiers hominidés, puis polythéiste, n’est apparu que grâce à la capacité évolutive du seul cortex préfrontal humain, à imaginer, grâce au langage et par anthropomorphisme, un « Père protecteur, substitutif et agrandi » , fût-il de nos jours qualifié, par rationalisation, de « Présence Opérante du Tout-Autre »(A. Vergote).
Des neurophysiologistes ont par ailleurs constaté que chez le petit enfant, alors que les hippocampes (centres de la mémoire explicite) sont encore immatures, les amygdales (celles du cerveau émotionnel) sont déjà capables, dès l’âge de 2 ou 3 ans, de stocker des souvenirs inconscients (donc notamment ceux des prières, des cérémonies, des comportements religieux des parents, …, sans doute reproduits via les neurones-miroirs du cortex pariétal inférieur. Ces « traces » neuronales, renforcées par la « plasticité synaptique », sont indélébiles …
L’ IRM fonctionnelle confirme que le cortex préfrontal et donc aussi bien l’esprit critique que le libre arbitre ultérieurs s’en trouvent anesthésiés à des degrés divers, indépendamment de l’intelligence et de l’intellect, du moins dès qu’il est question de religion.
On comprend que, dans ces conditions, certains athées comme Richard DAWKINS, ou certains agnostiques, comme Henri LABORIT, au risque de paraître intolérants, aient perçu l’éducation religieuse précoce, bien qu’a priori sincère et de « bonne foi », comme une malhonnêteté intellectuelle et morale.
Pourtant, bien que les religions, et a fortiori leurs dérives (guerres religieuses, inégalité des femmes, excisions, …) soient plus nocives que bénéfiques à tous points de vue, il va de soi que la croyance en l’existence subjective de « Dieu », restera toujours un droit légitime et d’autant plus respectable qu’elle aura été choisie en connaissance de cause, plutôt qu’imposée précocement.
Puisse l’avenir favoriser l’avènement d’un système éducatif fondé sur un humanisme laïque non prosélyte qui permettrait à chacun de choisir aussi librement que possible de croire ou de ne pas croire.
Michel THYS à Waterloo. michelthys@base.be http://michel.thys.over-blog.org
Références bibliographiques.
Mes hypothèses explicatives quant à l’origine psychologique et éducative de la foi, ainsi qu’à sa fréquente persistance neuronale, sont le résultat de nombreuses lectures. Notamment :
- Antoine VERGOTE, chanoine, « Psychologie religieuse », du, Ed. Dessart 1966,
ancien professeur à l’Université catholique de Louvain.1966.
- Vassilis SAROGLOU (son successeur) & HUTSEBAUT, D
« Religion et développement humain »,. 2001.
- – Patrick JEAN-BAPTISTE « La biologie de dieu » 2003 Agnès Viénot 2003.
- Jean-Didier VINCENT « Voyage extraordinaire au centre du cerveau » O. Jacob 2007.
- V.S. RAMACHANDRAN « Le fantôme intérieur ». Odile Jacob 2002.
- Jean-Pierre CHANGEUX « L’homme neuronal »1993, « L’homme de vérité » 1994
- Pascal BOYER « Et l’homme créa les dieux ».
- Antonio DAMASIO « L’erreur de Descartes »2001 et « Spinoza avait raison’.
- Henri LABORIT « Une vie » 1996 « Derniers entretiens »
- Mario BEAUREGARD « Du cerveau à Dieu » « The spiritual brain »
- Michaël PERSINGER « On the possibility of directly accessing every human brain by
electromagnetic induction of fundamental algorythms ».1995.
- Paul D. Mac LEAN « Les trois cerveaux de l’homme » 1990.
- Joseph LEDOUX « Emotion, mémoire et cerveau » 1994.
- John SAVER & John RABIN « The neural substrates of religion experience » 1997.
- Francis CRICK « Une vie à découvrir »
- Via Internet : « Le cerveau à tous les niveaux ».
Etc